Le 11 juin 2014, l’hôtel Ibis Berthier (Paris 17ème) accueillait la 14ème édition du Symposium de l’Impression Numérique, le rendez-vous annuel des professionnels des Arts Graphiques. Regard sur une profession en pleine mutation.

Symposium2014Pour cette 14ème édition, quelque peu chamboulée par la grève de la SNCF, le Symposium a réussi à rassembler cent soixante-dix participants et une vingtaine de partenaires (Canon, HP, Konica Minolta, Ricoh, Antalis, Arketyp 3D, Chili Publish, CP Bourg, Exaprint, Graph’Image, Kodak, Mediagraph, Oki, Papeteries de Clairefontaine, Pitney Bowes DMT Graphics, Pixel Tech, Starcolor, SMC et Trias), une grande partie d’entre eux ayant également contribué aux diverses interventions de cette journée conduite, comme depuis plusieurs années déjà, par Patrick Cahuet, directeur de 1PRIME Concept.

Après le traditionnel coup d’envoi de la manifestation, donné par Pierre Picard, président du SIN (Syndicat de l’Impression Numérique et des services graphiques), retour sur les grandes tendances d’Ipex 2014, par la voix de Patrick Cahuet : une manifestation placée sous le triple signe du cross-media, de l’écologie et du grand format. A retenir en résumé : une forte présence des solutions de finition et une véritable percée du jet d’encre. Côté annonces : La vente, par HP, de cent HP Indigo 10000 dans le monde ou encore l’objectif de Konica Minolta d’atteindre 50 % de parts de marché sur la production en 2016. Et côté solutions : La nouvelle Kodak Prosper 6000 (300 mètres papier/minute, utilisation d’encres à nano particules) mais également le projet Niagara de Canon qui repose sur la fusion d’une ColorStream et d’une imagePRESS permettant ainsi d’atteindre une vitesse de 300 pages/minute. La guerre Kodak/Canon semble donc bel et bien engagée !

Dépasser l’approche en silo

En tout cas, une chose est sûre : d’une part, l’impression numérique s’industrialise et, d’autre part, les prestataires graphiques doivent diversifier leurs offres, s’ils veulent se démarquer réellement de leurs concurrents. Pour Jean-Charles Pic, président de Dicolor Groupe et premier intervenant d’un binôme dédié au cross media : « Il est dorénavant nécessaire de dépasser l’approche en silo pour aller vers une véritable approche multicanal ». Compétence que seuls 20 % des prestataires sont aujourd’hui capables d’assurer…  L’imprimerie 3.0 implique que le papier, l’email, le web et le SMS s’appuient tous sur une seule et même base de données. Le cross média, c’est cela… Le client investit ainsi dans des opérations dont le retour sur investissement devient réellement quantifiable. Chez Dicolor Groupe, le cross media représente actuellement 5 % du chiffre d’affaires total de la société qui est de deux millions d’euros.

Le QR Code, lien entre publicité Print et contenu Web, tout le monde connaît… C’est un excellent moyen de créer du lien et de la traçabilité entre une marque et ses clients. Chez Bell & Ross, acteur de l’horlogerie de luxe : « Pour nous, le QR Code est trop peu esthétique et trop laid », explique Antonin van Niel, responsable technique et digital Bell & Ross. La solution ? Elle sera proposée par Ricoh. C’est Clickable Paper, une reconnaissance par l’image, celle-ci se substituant au QR Code. A mi-juin 2014, Bell & Ross avait déjà enregistré mille cinq cents téléchargements. Clickable Paper a reçu le prix Xplor et cette application est un très bel exemple d’interaction entre virtuel et Print… Un exemple qui donne une nouvelle valeur au Print.

Si la valeur ajoutée passe par l’innovation, constat sur lequel chacun s’accorde, comment passer du labeur à cette fameuse valeur ? « Pour cela,  l’imprimeur peut opter pour des machines d’occasion, prendre le travail en local ou encore vendre à l’extérieur en alignant son prix sur le plus compétitif. Il n’y a là, aucune innovation ! », commente Lucien Moons, consultant indépendant Win Win Marketing. Innover passe par la mise en place de ‘petits’ processus destinés à changer peu à peu l’ensemble organisationnel de l’entreprise et à considérer, au premier chef, le côté incontournable d’Internet en procédant à la mise en place d’un centre de compétences software dans le Cloud. Passer du labeur à la valeur.  « En proposant à vos clients des campagnes personnalisées et reliées sur les réseaux sociaux », précise Lucien Moos. Le rapport sur plusieurs actions ainsi conduites par Win Win Marketing : 39 % de clients en plus via Facebook, 23 % via Linkedin et 15 % via Google Plus.

Au cœur de toutes ces stratégies : les solutions informatiques. « Ce qui nous importe, c’est ce que veut le client de notre client », explique Philippe Sans, PDG de Maqprint Groupe. Le groupe a acquit sa première HP Indigo en 1995. Actuellement, il en possède deux ainsi qu’une HP T230 Color Inkjet Web Press (122 mètres/minute). Sociétés ou groupes, pour Frédérique Petit, fondatrice d’un PetitPasPour, l’esprit d’une société repose avant tout sur l’esprit de son dirigeant. Et pour entrer véritablement en relation avec ses équipes, tout dirigeant doit d’abord se connaître lui-même. Le problème ? « Bien souvent, il oublie son moi profond ou confond celui-ci avec son entreprise », explique Frédérique Petit. Un projet d’entreprise ne peut être la seule raison d’être de son dirigeant et si c’est le cas, il y a un déséquilibre qui ne peut s’avérer bénéfique pour la société. Une entreprise ne pouvant en effet être celle d’UN homme, mais toujours celle d’UNE équipe. Franc succès de cette intervention, à méditer…

Valeur ajoutée et données variables

Pour l’intervention suivante, retour à notre cœur de métier, via le web-to-print, ou quand le sur-mesure rejoint la simplicité, avec Publi-Routage Normand (PRN) qui propose du mailing et du routage depuis 1986. Depuis huit ans, PRN est client Konica Minolta.  Avec l’envol du Print couleur (fond de page, texte et images imprimés en un seul passage) la société a vu son chiffre d’affaires progresser de 27 %, notamment grâce à MD Box et à une plateforme Web spécifiquement développée pour le client où celui-ci peut ainsi mettre en ligne ses documents et gérer certaines variables en fonction des besoins de chacun des utilisateurs. Chass Journal, par exemple, support qui recense différents concessionnaires de tracteurs et de remorques d’occasion, repose sur un fond de page établi au nom de chacun des concessionnaires. Charge ensuite aux assistantes de chacune des concessions d’intégrer à ce fond de page les photos et les textes qui lui sont propres. Nous sommes là dans de la gestion pure de données variables…

Parler d’impression implique obligatoirement de parler choix de papiers et relation prestataire numérique/distributeur. Intervention en la matière de Colorprint et Antalis. Depuis 1997, Antalis propose des papiers à forts grammages. Première remarque de Laurence Sahuqué, directrice commerciale Colorprint : « Il est quand même beaucoup plus simple de disposer de papiers traités pour le numérique car auparavant, comme chacun sait, l’encre n’adhérait pas sur le papier offset ». Actuellement, Colorprint dispose de cent vingt à cent trente références de papiers Antalis Premium. Et pour vendre ces papiers à ses clients, la société imprime, par exemple, des étiquettes de bagages indéchirables qu’elle distribue ensuite à ses commerciaux. « Il faut créer l’envie et ces étiquettes remportent toujours un vif succès », précise la directrice commerciale de Colorprint.

Vif succès mais aussi vive interrogation dans le public à propos de la dernière intervention de la journée, consacrée à l’impression 3D. Voyage vers le futur (proche) ou possibilité de diversification ? En tout cas, voyage au cœur des applications industrielles sur mesure avec la société E-Mage-In 3D et la présentation de diverses applications comme la création d’une omoplate ou celle d’une prothèse dentaire, à l’unité… Le 3D, une approche nouvelle à suivre pour la production de petites séries d’objets, c’est indéniable. Mais peut-on encore parler d’impression ? D’impressionnant, en tout cas, très certainement ! En attendant et pour clore cette journée bien remplie, la conclusion de Pierre Picard en cinq mots : « Data, créativité, adaptation, innovation et humain » et celle de Patrick Cahuet qui reprend en premier la data, suivie du cross media, de l’impression et du  web-to-print… En attendant et pour vérifier l’évolution de toutes ces spécificités, rendez-vous l’année prochaine (au même endroit) !

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N° 307 – Janvier / mars 2016